| 1.
Haize
goxoarena / LE
VENT DOUX |
Où
vont les rêves
Aussitôt que lon se réveille ?
Où vont les chemins quon na pas choisis ?
Peut-être vers la maison du repentir,
Vers le trou de loublie.
Peut-être chez le néant qui reste en secret.
Doux vent
Sauve nous du mal
Doux vent.
Sauve nous du mal, aide-moi
A ne pas perdre mes rêves,
A vivre moment à moment
depuis linstant que je me réveille.
Non pas en traversant des vallées de larmes,
Ni dans le limbe des justes,
Ni dans la forteresse de verre
Dun certain roi suprême.
Doux vent
Sauve nous du mal
Doux vent.
Vent doux, très doux
Je ten prie, sauve nous
De la fascination pour lavenir.
Quon ne perde pas inutilement
Le prix de chaque moment,
Oh vent, doux vent , très doux.
 
| 2.
Zaindu
maite duzun hori / PROTEGE
CE QUE TU AIMES |
Les
avis adultes, les soi-disant grands
Sur notre pays.
Soir et matin, des bavardages
A propos de notre pays.
Moi aussi jaimerais
Obtenir autant dassurance.
Mais, quest ce que vous voulez,
Je narrive pas à équilibrer mes comptes.
Quelle chance ont-ils !
Eux qui sont de touts les lieux!
Par dessus toutes les brousailles
Passent en volant. .
Personne ne mavait dit
A quel point il est difficile dêtre Basque,
Jaurais mieux fait de choisir
Dêtre habitant du monde.
Des chansons douces
Jaimerais chanter.
Le soleil
Pour celui qui est dans un endroit sombre.
Protège ce que tu aimes.
Cest ainsi quils me le disent:
Quest de que tu fais en parlant damour
Quand la vie en société est en risque ?
Et toi, pendant ce temps-là, en chantant de petits couplets.
Des chansons douces
Jaimerais chanter.
Le soleil
Pour celui qui est dans un endroit sombre.
Protège ce que tu aimes.
Protège ce que tu détestes.
Protège
 
| 3.
Mila
legoa / MILLE
LIEUES SUR LE CHEMIN |
Jai
parcouru
Mille lieues sur le chemin,
Mille lieues sur le chemin
en cherchant une maison.
Que soit le jour,
Que soit la nuit,
Je cherchais là.
A la lumière du soleil,
Sous les étoiles,
Jallais à la recherche,
Je cherchais ta maison.
Sur la route, mon désir était captif,
Je ne voulais pas savoir,
Ce que je désirais, ce qui meffrayait,
Ce besoin daller, pourquoi?
Que soit le jour,
Que soit la nuit
Cette large porte ne mest pas inconnue, je la connais.
Une douce voix mappelle, elle mappelle depuis ta fenêtre,
cest moi quelle appelle.
Jai parcouru
Mille lieues sur le chemin.

| 4.
Esan
gabeko arrazoia / LA
RAISON NON DITE |
Tu
es silencieuse, où est ta voix amie ?
Ton silence ma parlé à haute voix aujourdhui.
Comme dans les vrais contes.
Ce nest pas non plus dans les livres de sciences
Elle a parlé si fort, vraiment.
Cétait si remarquable, si transparent, vraiment.
Le monde parle-t-il donc à ta place?
Faut-il que je comprenne même le non-dit ?
Que je découvre le secret petit à petit,
Et me mêler à un mensonge ?
Parce que cette vérité nest pas aimable,
Parce que ta vérité ne mérite pas quon
lécoute.
Bientôt tu vas me quitter,
Le vent aussi mapporte le soupçon.
Je nemporte avec moi que
la raison non dite.
Quelques éclats de lumière, désespérés,
Veulent rentrer dans ta maison.
Bientôt tout sera oublié
Un joli petit matin à Pâques,
Ou plus tard,
La veille de la Fête de Dieu,
Quand éclats de lumière, les derniers, désespérés,
Veulent rentrer dans ta maison.
Tu es silencieuse, où est ta voix amie ?
Ton silence ma parlé à haute voix aujourdhui.
 
| 5.
Ene
gogoan zena / CELLE
QUI ETAIT DANS MA MEMOIRE |
De
très loin je métais mis en route,
Jétais parti avec lintention de la voir,
Jallais vers celle qui portait un anneau à la cheville,
Un tatouage dargile, celle qui était dans ma mémoire..
Là, loin, la terre était toute rouge.
Là, tard, se couchait le soleil.
Ensuite, pendant la nuit, au travers de milliers de coins
Cest ainsi que nous souhaitions vivre ensemble.
Un jour, nous étions à lépoque des
pluies,
Sept jours, sept nuits, sans cesser de pleuvoir,
Un fleuve était sorti du lit dun ruisseau
Là, rien na plus été alors comme
avant.
Les mots affectueux sétaient alors tus,
Les mots dérobés étaient partis dans le
déluge.
Si tu la vois, embrasse-la,
Parce que cétait elle ma belle et bien-aimée.
 
| 6.
Iratzarri
/ REVEILLE-TOI |
Le
vingt avril,
Aujourdhui est arrivée la petite chanson du printemps.
La chanson emporte
Une voix exceptionnelle, une voix avec elle.
Voix confinée,
Je veux entendre ton message maintenant.
La voix me dit elle-même:
Voici le mois le plus cruel
Il rétire le manteau de feuilles mortes de lhiver
Dévoilant tout ce qui était caché dessous
Voix confinée,
Voix intérieure, je devais totalement te croire.
Réveille-toi
Réveille cet esprit endormi,
Regarde sil fait jour.
Javais tort!
La voix ne manquait pas davoir raison
La pluie du printemps a apporté
Du lys sur cette terre assoupie.
Ai! Si je tavais écouté avant.
Réveille-toi
Réveille cet esprit endormi,
Regarde sil fait jour.
 
| 7.
Kantuaren
gauza galdua / LA
CHOSE PERDUE DE LA CHANSON |
Compagnons
de ma patrie, de mon époque,
Comme nous participons à la verbalisation du monde de
la même façon,
Je voudrais découvrir en même temps que vous
Le beau sens perdu de nos mots.
Qui sait si on na pas monté jusquici le mauvais
escalier.
Si nous nous rendons compte de notre terre occupée,
nos aïeux grossiers, notre langue marginalisée
Il semble donc que nous navons pas de patrie,
pas dépoque, pas de langue, pas de chansons,
Hormis ceux que nous avons nous-même imaginés.
Allez-donc savoir qui en est responsable.
Cest peut-être nous, et sans aller plus loin
Nous devrons nous regarder en face.
Nous sommes plus vastes que notre solitude, et pas de petites
fenêtres,
Elargissons les fenêtres plus que les murs:
Chantons une berçeuse!
Les bouteilles vides du grenier à la poubelle,
Et les fleurs, la lune, le miroir, et les yeux, les rêves,
les étoiles, et le cur décoratifs,
Et ce qui rime avec «amour et toujours » à
la poubelle.
Faisons la poussière jusquà éternuer.
Hissons côte après côte
Le drapeau délabré de notre volonté,
Une chanson ne change rien.
Une chanson ne fanatise pas.
Chantons une berçeuse à notre patrie.
Mais agissons
Jusquà trouver les sons adéquats à
notre patrie et à notre époque
Et pouvoir les mélanger avec le monde, le siècle,
et les gens.
Faire de la musique nest pas une chose terrible
Le jeu insignifiant de répéter des sons.
Agrandir la manière de relier notre pensée,
Une uvre imparfaite, toute au plus.
Disons que cest une action aussi humaine et digne
que préparer de la limonade.
 
| 8.
Ahal
bezala / ON FAIT
CE QUON PEUT |
Celui
qui parle seul
Est-ce donc toi?
Ou celui qui a abandonné ses anciennes prétentions
Avec cette vie tranquille ?
En recherchant léquilibre entre ses petits ententes
?
Est-ce donc toi, maintenant, celui qui tu ne voulais pas être
autrefois,
Ce mec ?
Tu voulais être lexpert du bon et du mauvais
Tu es finalement le captif du bon et du mauvais.
Homme incomplet, chercheur dor,
Toujours à regarder lheure.
Ils se moquent de toi, même les voisins,
Pauvre homme!
Comme il y a des festivités, tu pends un petit drapeau
à ton balcon.
De morceaux de pains de la pause déjeuner
Ta poche est encombrée,
En voulant être lexpert du bon et du mauvais
Tu es finalement le captif du bon et du mauvais.
 
| 9.
Gauza
erabiliak / LES
OBJETS USES |
Moi
aussi, des objets en général,
Ce sont les objets usés ceux que je préfère.
Ceux qui ont des défauts, qui sont tout émoussés,
Ceux qui sont devenus des amis intimes.
Meme les objets supérés
Dans sa fonctionalité,
Objets ordinaires, objets fins,
Ce sont les objets usés ceux que je préfère.
Et les paroles aussi,
Mais aussi les paroles,
Celles que beaucoups ont prononcées.
Et les paroles aussi,
Mais aussi les paroles,
Bien que peu les aient dites.
Objets qui servent à quelque chose,
Remplissent leur fonction et me semblent beaux.
Les objets usés
Auxquels le temps a donné cette petite beauté.
Et les paroles aussi,
Mais aussi les paroles
Ces objets sont mes amis
Comme les bruits des mots.
Jai fait leur connaissance
Objets bienheureux, paroles bienheureuses !
Car les objets, par son usage,
sont davantage appréciés.
Ils nous attachent au monde daujourdhui et à
celui de demain.
Et les paroles aussi,
Mais aussi les paroles
Ces objets sont mes amis
Comme les bruits des mots
Jai fait leur connaissance
Objets bienheureux, paroles bienheureuses !
Moi aussi, des objets en général
 
| 10.
Euria
lagun / LA PLUIE
TACCOMPAGNE |
Supposons
Que la pluie est agréable
Sonnant sur ta voiture.
Supposons
Que la lumière dun phare traverse
La brume dans lobscurité.
Même avec cette lumière, il est difficile de voir.
La brume a du mal à se dissiper.
Une personne peut faire mal, beaucoup de mal à une autre
personne
Comme tu as appris aujourdhui.
Pensées similaires,
La pluie, la lumière, la brume,
Comme si rien dautre nexistait.
Même avec cette lumière, il est difficile de voir.
La brume a du mal à se dissiper.
Certaines choses ne peuvent finir bien,
Tu le sais désormais
Aujourdhui la pluie taccompagne
Et cette lumière qui apparaît dans la brume.
Même si malgré cette lumière, il est difficile
de voir.
Même sil semble difficile que la brume se dissipe.
 
| 11.
Done
ezer ezdaezinezko / SAINT
RIEN NESTIMPOSSIBLE |
Voila
la beauté de la nuit!
Lambiance nocturne est excellente!
Prendre le calendrier du mur du bar,
Pour signaler le jour daujourdhui.
Marquer de rouge cette nouvelle date-notre Grand Patron-:
Saint Rien Nestimpossible
Bras dessus bras dessous,
Nous sommes au septième ciel.
Aie, au milieu du désert,
Cest déjà trop long pour moi,
Nous navons là rien dautre que de leau
salée,
Nous les vieux amis, les grands amis,
Faisons la fête !
Jette au feu le quotidien,
Les vieilles photos au coin.
Bagdad dévastée est bien loin aujourdhui,
Guantanamo, aussi, est on ne sait pas où.
Nous avons une belle fête à célébrer
ce jour
Comme si tout était arrangé.
Il a pitié de nous même -notre Grand Patron-
Saint Rien Nestimpossible
Aie, quand la porte du bar souvre,
Cest la lumière de la rue que tu vois,
Et là, la frontière du désert.
Nous les vieux amis, les grands amis,
A demain! Dormez bien!
 
| 12.
Lagun erratuena / CHANSON
DES AMIS ERRANTS |
Amis
anonymes
Qui ont tant donné
à cause de lamour.
Ceux qui ont abandonné
Tant de choses
sans profit aucun.
Qui se transforme : le monde ou nous-même, la raison ou
le désir ?
Lors du jugement de chaque nuit, se sentent-ils coupables ou
innocents ?
Je voudrais observer
à travers les crevasses de ces années
Sa vie.
Sa vie cachée
celle de ces amis errants
son unique vie.
Qui se transforme : le monde ou nous-même, la raison ou
le désir ?
Lors du jugement de chaque nuit, se sentent-ils coupables ou
innocents ?
Allons-nous en alors.
Caressons
Sous les palmiers
Ces mains dacajou
au-delà
dun mètre carré de tristesse
|