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Un
des amis murmure fas fatum
le fado cest bien une chanson triste
bien triste, dans un coin un vieil homme
chuchote moito obrigado et elle
tourne la page, il y a un homme de plus
de cinquante ans, permis de conduire
de première classe, en grande nécessité
une fille malade, si malade, il prendrait
nimporte quel travail, peu importe
et elle dit sûr quil sest suicidé
(je taime beaucoup on lui repond)
une fenêtre restera à jamais fermée
(je taime beaucoup, je taime beaucoup)
une cuillère, une épée maintenant inutiles
(le phalus tu parles du phalus)
et son sang se dilue définitivement
dans les eaux. Tous ont raison:
elle est finie lépoque des aventuriers, cest
vrai.
La terre est encore infinie pour les
miniscules pieds des enfants et comme hier
rivières de lait caressent la racine des arbres.
Mais où sont les héros.
Cest inimaginable un autre Lope de Agirre
on meurt comme des papillons
de nuit, nos dernières heures,
asphyxie, le dégoût des fleur fannées.
Nos linceuls sont déjà sales, cest vrai,
dans ce congelateur made in Germany.
 
Ton
unique souci était de me culpabiliser,
javais fini par le croire,
à force de subir tant dattaques sans fondement,
je pensais que jallais chuter
comme cet ancien projet.
Mon unique souhait était aussi entier
quun chant de Maurizia
je voulais toublier,
mais comment y parvenir
alors que javais ta photo à côté de
mon lit.
Je ne suis pas celui qui ta oublié
celui-là devait être quelquun dautre.
Celui-là devait être quelquun dautre
puisque je ne me souviens plus de toi,
on ma déjà dit
que le temps sècoulait rapidement,
écrasant tout sans pitié.
Je ne suis pas celui
 
| 3.
NOR
DA? -
Qui est-ce? - |
Qui
est celui dont tu te souviens? Qui est-ce?
Qui est le maître de ce moment avant que tu tendormes?
Qui est celui que tu portes dans ton coeur? Qui est-ce?
Qui est celui que tu gardes dans tes yeux? Qui est-ce?
Qui est celui dont tu te souviens? Qui est-ce?
Les lointaines lumières de Tanger
ne suffisent pas
pour te voir.
Un doux vent de louest,
cest ce que jai besoin
pour te connaître.
Qui est celui dont tu te souviens? Qui est-ce?·
Les questions que je me pose sur toi
fondent
au soleil.
Aujourdhui jai vu lamour,
passant,
par dessous ta fenêtre.
Qui est celui dont tu te souviens? Qui est-ce?

| 4.
BYE
BYE GIZONTXO -
Bye Bye petit homme - |
Ta
chemise de couleurs me plaît
quand tu vas dans le dernier autobus le dimanche soir
les rues sont sombres et les maisons obscures
lhomme du télésoir ne veut pas se rendre
compte
de ton aventure de ce soir.
Ne tattriste pas davantage, petit homme
Rose viendra à nouveau un de ces jours du mois prochain.
Il y a peu nous étions jeunes
disons il y a quelques dix ans au cas où ils ne le sauraient
pas
lun après lautre
une montagne de jours
et cest cela que les gens appellent la vie.
Pourquoi lappellent-ils ainsi?
Mais vraiment ne temporte pas petit homme
la jaquette rayée que tu portes est très jolie
les entrées de cinéma, la photo, le peigne.
Dors, la loto est déjà prête sur la petite
table
il faut chauffer le lit à deux places.
Oui, les batailles les plus violentes se passent toujours un
peu loin
dans un autre endroit savancent dans le silence de la
nuit
les vivas pesants des vainqueurs.
Dors petit hommetu ten vas en tassombrissant
en silence et très rapidement
dans le dernier autobus de la nuit.
 
5.
37
GALDERA MUGAZ BESTALDE DUDAN KONTAKTU BAKARRARI
- Questions au seul contact
au-delà de la frontière -
|
Dis-moi,
êtes-vous heureux vous habitants dau-delà
de la frontière?
Trouvez-vous lamour parmi ceux que vous aimez
les vingt cinq ou vingt pour cent que vous aimez
ou comme ici les téléphones se taisentils,
comme des coeurs déserts nuit après nuit
comme des coeurs déserts dans Ia dernière salle
du la-byrinthe?
Parmi les régions de votre royaume y a-til un Oreenland
o un Groenland? Vos vallées sont-elles sombres?
Avez-vous des postes dessence de la compagnie Shell, et
les papillons
no se réfugientils pas dans les coquilles jaunes?
Même pas en hiver?
Na-til pas existé chez vous un espion sappellant
Cenizas?
Dis-moi, êtes-vous heureux vous habitants dau-delà
de la frontière?
Ne rêvez-vous pas aux crabes? Et aux enfants aveugles?
Vous souvenez-vous jamais du cycliste Tom Simpson? Comment
il sasphyxia en grimpant lAubisque? Comment son
maillot
ressemblat à un tapis déchec déchiré
sur le gravillon?
Au-delà de la frontière les feuilles protègentelles
les fruits?
Y a-til des fraises? Les poissons abyssaux ne ressentent
tils pas/lexistence du soleil?
Saventils différencier les mots lumière
et obscurité?
Et ces gens qui en prenant le train disparurent dans la transparence
du jour
gardèrentils jusquau dernier moment lillussion
quil puisse sarréter?
On ma dit que le destin des oiseaux dépend du vent
quil y a en mer des bâteaux qui ne trouvent jamais
de port.
Vous autres, quand vous parlez de port,* à quoi pensez-vous
éxactement?
A lavantage dun emploi sûr? Ou à ce
quon mange avec une orange tout simplement?
Quand vous priez, avez-vous dans lesprit les caravanes
du désert?
Sontils, êtes-vous nombreux dans ce royaume dau-delà
de la frontière?
Ces gens que je vois tous les jours dans la rue y viventils?
 
| 6.
HAMABOSTEAN BEHIN -
Tous les quinze jours - |
Bien
quil sorte peu de chez lui,
Jon Trollope se rend une fois tous les quinze jours
à la laverie.
Il traverse deux pâtés de maisons,
et ces rues-là sont plus noires et plus brillantes.
Il prend à gauche à la poste centrale
des magasins grecs, le billard, et lhôpital,
oui, oui lhôpital.
Il pense à son salon, ses moindres recoins lui sont familiers,
cest le lieu qui lui revient toujours en mémoire
ce lieu toujours en mémoire,
toujours ce lieu.
Tas de largent? demande-til au patron.
Où veux-tu quon aille sans ce sale fric?
Voilà quelle est la réponse.
Il suit la ligne du trottoir,
il connaît de mémoire le chemin de la maison,
une fois par quinzaine.
Il pense à son salon, ses moindres recoins lui sont familiers,
cest le lieu qui lui revient toujours en mémoire
ce lieu toujours en mémoire,
toujours ce lieu.
Combien de fois, dans ce salon, Jon Trollope
ne conservera-til pas le souvenir nostalgique
de sa promenade coutumière,
la nostalgie de sa promenade,
la nostalgie.
 
| 7.
BERREZIKETAREN
ZAILTASUNARI BURUZ -
Sur la difficulté de la reéducatión
- |
Alors
que le salut du monde est en jeu,
ils vont chez le coiffeur.
Au lieu de trotter enthousiasmés derrière lavant
garde, ils disent:
ça serait pas mal une bière, maintenant!
Au lieu de lutter pour la bonne causse,
ils luttent les varices et les petits bobos.
Au moment décisif,
ils cherchent
la boîte aux lettres ou le lit.
Alors que va commencer le millénaire,
ils font bouillir les langes.
Cest que tout rate à cause des hommes!
Avec eux on ne peut construire aucun état.
Un sac de puces nest rien à côté
de ces gens.
Provinciaux timorés!
Imbéciles qui ne pensent quà consommer!
Vestiges du passé!
Mais on ne peut pas les tuer tous!
On ne peut pas passer son temps à les convaincre, jour
après jour!
Ah, si les hommes nexistaient pas,
ça serait super!
Ah, si les hommes nexistaient pas.
Ah, et alors.
 
| 8.
GALTZETAN
GORDETZEKO KOBLAK
- vers pour cacher dans les pantalons - |
Venus
est la première à sallumer dans le ciel
la plus vieille chauvesouris se reveille maintenant
en silence elle caresse les tuiles rouges et les murs gris
loiseau des coins noirs couvre la nouvelle nuit.
Nous sommes ici sans pouvoir fuir du château des cendres
quand ce grand filet quest la nuit tombe sur nous
il memprisonné et mattache à la tristesse
je me trouve ici sans pouvoir expliquer ce quest ceci.
Ceci est le refuge des craintes et des herbes obscures
ceci est la cathédrale des larmes et des hommes vides
ceci est un désert sans veille et au lendemain court
ici gît le cadavre vivant de ce qui fût un peuple.
On dit quailleurs surgissent beaucoup de fleurs à
la vie
mais tout ceux qui entrent en prison sont conduits à
la tombe
á léchafaud sur lequel vole et tisse les
chauve-souris.
Ouvrez les yeux pour voir comment nous nous balançons.
Jecris ces vers en prison sans lumière
quand la douleur est là au bout des nerfs
les gardiens cherchent des papiers dans les cellules
viens prend ces vers et cache-les dans les pantalons.
 
| 9.
ASPALDIAN -
Il y a longtemps - |
Mon
grand-père Elias
se marria avec
une jolie fille de Saint Grégoire.
Au fil des années, elle serait ma grande-mère.
Il y a longtemps,
il y a longtemps.
Elle me disait quà son époque
on ne travaillait guère,
que les femmes lavaient le linge dans la rivière
en riant, en saidant.
Il y a longtemps,
il y a longtemps.
Elle mourut à quatre-vingt treize ans
dans une maison à Bilbao.
Elle continuait à parler comme à Saint Grégoire.
Elle disait encore , .
Il y a longtemps, il y a longtemps.
 
| 10.
CRACK (PIPA BAT) -
Crack (une pipe) - |
Par
là bas marche un homme,
dun coté à lautre dans la rue;
par là bas arrive un autre
marchant dun pas nerveux.
Ils se saluent froidement
se tapant les mains;
ils ne ressemblent en rien,
ils ne sont pas de la même race.
Maintenant un troisième arrive,
leau arrive, le feu arrive;
de suite, ils cloturent laffaire,
ce nest pas le moment de parler.
Chacun part de son coté;
les chiens aboyent, on entend les sirènes,
il y a de la neige sale sur les coins,
containers, couloirs obscurs.
Un des trois hommes
se tient dans la pénombre;
dans la rue apparaît une petite lueur:
il vient dallumer sa pipe.
Le malaise vole
comme lennuyeux oiseau du soir;
tout est maintenant sommeil, oubli,
mort douce.
 
| 11.
ZALDIAK
NEGARREZ -
Les chevaux pleuraient - |
Ils
racontent quun jour, près de la rivière
Rubicon,
les meilleurs chevaux de lEmpereur se mirent à
pleurer parce quaprès la victoire ils les laissèrent
en liberté.
Et nous parlions de ces choses pendant que nous marchions dans
la rue.
Du Centro Extremeño des gens descendaient, des gens descendaient.
Lair se remplit de signes, de présages.
Est-ce que moi aussi jallais me mettre a pleurer de peur
de rester seul?
Ils racontent quun jour, près de la rivière
Rubicon...
Je prononçais les paroles définitives: amour,
haine, amour, haine.
Je mefforçai à déchiffrer les signes,
empreintes dans la neige, empreintes dans la neige.
Il ny a rien à dire que tu tituta, tu tituta...
Ils racontent quun jour, près de la rivière
Rubicon...
 
| 12.
GELDIRIK
EZ EGON -
Ne reste pas immobile - |
Bien
quil soit disastreux
ce chemin que tu as devant toi,
si tu aimes le prendre,/emprunte-le,
emprunte-le.
Ne reste pas immobile.
Ne reste pas immobile.
Ne leur prête pas attention
à ceux qui parlent de toi
mais ils ne comptent pas sur toi.
Ce sont tes ennemis.
Ne crois pas non plus en moi
fais attention.
Ne reste pas immobile.
Ne reste pas immobile.
Enlace très fort
une belle histoire.
Saisi le jour.
Noublie pas que le temps cest du sable,
sable dor,
sable dor.
Ne leur prête pas attention
à ceux qui parlent de toi·
Ne reste pas immobile.
Ne reste pas immobile.
Enlace très fort...
 
| 13.
NIRE
FURGOI BELTZA -
Ma fourgonnette noire - |
La
buée na pas encore
recouvert les vitres
et déjà jen ai assez de cet autobus
la radio donne la métèo du jour
et que dit-elle cette garse?...
Depuis que je tai perdue
Comment me vient-il
ton souvenir maintenant
ta ligne orange, ta couleur noire
me manquent
depuis que je passe des heures aux arrêts.
Depuis que je tai perdue
ma fourgonnette noire/à la ligne orange, depuis que je
tai vendue
Une fois le rideau baissé et les micros pliés
de nuit allant à la maison seul avec toi
la rouille dort dans les signes
ceci étant le prix de celui qui va seul.
Depuis que je tai perdue
Je ne me sents plus comme il faut, non
depuis quils nous ont séparés
où puis-je dormir, dis
si ce nest dans ton giron
où garder ma guitarre, les objets servant à fumer
oh! quelle misère.
Depuis que je tai perdue
ma fourgonnette noire
à la ligne orange, depuis que je tai vendue
 
| 14.
ENE
BEGIEK -
Mes yeux - |
Mes
yeux nont pas envie de verser des larmes,
car ils vivent une seule vie, qui est la seule qui soit. Écoute,
le temps, cette charrette tirée par des boeufs passe
lentement.
Regarde les aiguilles des horloges se rouiller par endroits.
Combien de choses ai-je laissées au bord des chemins
ou au fond des lacs gris, dans cette unique vie,
et combien de fois nous nous sommes perdus dans les brouillards
en compagnie de moineaux qui rêvent dêtre
des coqs de bruyère.
Mes désirs ne sont déjà plus que des nids
abandonnés
dans mon coeur. Le soleil est un disque chétif.
Fasse que je nentende plus, que je ne regarde ni ne pense
plus,
car cette vie est la seule, et pour quelle ne se perde,
fasse que je ne marche
ni même ne sent, je veux être comme les pierres,
un lieu où se croisent les siècles et les secondes,
nêtre quun lieu, dans la patrie qui se nomme
distance.
 
| 15.
BERANDU
DABILTZA -
ils sont en retard... - |
Quand
la vie de chaque jour commença à répandre
sans cesse les cafards comme charbon,
Otis Redding sassit au bord de la baie pour chanter les
avions tombées blues band;
les fleurs du pommier brûlèrent et moi je commençai
à saigner du nez
quand je lisais de la pornographie dans les W.C. publics de
céramique blanche love,
et les alchimistes publièrent une note favorable à
la plusvalue,
et jetèrent les deux homosexuels du restaurant pour des
raisons commerciales.
Ils imprimèrent par milliers les copies de la solitude
parce quon était aux portes de lhiver,
mon oncle mécrivit une carte postale Stop parce
que cétait mon anniversaire Stop neuveu,
et profita pour me conseiller de massurer à sa
compagnie, on ne sait jamais,
et ma chérie me téléphona avec amour au
milieu de la nuit; quand la vie de tous les jours commença
à verser des cafards noirs comme le charbon.
Ensuite la rivière se trouva pleine de spermes tombés
sans cesse du ciel,
il entraina les chemises roses aux fleurs blanches, rouges,
noires, multicolores,
et la même semaine elle cria je suis une putain, en quittant
la noce champagne,
la timide secrétaire écrivit sa première
lettre dans une oli-vetti,
les mendiants à tout hasard mirent sur pied des maisons
de toiles pour abriter les papillons,
les écureuils attaquèrent le supermarché:
haut les mains, oû est-il le coffre fort aux noix?
Enfin vint lhiver et les oies firent un V dans le ciel,
tandis que dans les dispensaires on distribuait abondemment
les pilules anti-tristesse,
ils prévoyaient ainsi une édition corrigée
et augmentée des sept plaies dEgypte;
les anges et les chérubins se mirent à vendre
des grammes de bonheur,
les vertus cardinales montèrent antinaturellement dans
la bourse de Rome,
les banques firent cadeau de milliers de livres sous le thème
de Priez mais surtout Travaillez;
mais tout cela fut en vain ils sont en retard ils nobtiendront
rien,
les palais sécroulent les murs des prisons se lézardent
et nous autres nous allons libres à travers les rues,
en pantalons oranges, libres, libres.
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